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JEUX VIDÉO • Jouer à la guerre comme pour de vrai

En faisant appel à un conseiller militaire, les concepteurs de Call of Duty veulent donner à leur production une dose d’authenticité. Cette approche leur permet d’en faire le best-seller de la catégorie.
Le colonel Hank Keirsey est salement coincé. Des chars ennemis viennent tout juste de tourner en grondant au coin d’une des rues pavées de Chambois, en Normandie, et il se retrouve désespérément exposé. “Je serais mieux ailleurs, se dit-il. J’ai intérêt à me planquer.” Il se met à l’abri, dégringole sur la rive herbeuse d’un ruisseau qui longe la route, puis avance dans de l’eau peu profonde jusqu’à l’abri que lui offre l’arche d’un petit pont de pierre. L’heure est venue de se ressaisir et de reprendre l’initiative. “Allons nous faire ce fumier”, marmonne-t-il en apercevant un char allemand Tigre en queue de convoi. “J’ai une grenade fumigène. S’il me passe devant, je peux la balancer par l’écoutille.” Keirsey recule sur la rive, calcule son saut et bondit en avant sur la piste du blindé qui se traîne pesamment. Il ne tarde pas à le rattraper, mais ressent brutalement un choc formidable.
Dans la vraie vie, Hank Keirsey est colonel en retraite. L’air écœuré, il se carre dans son fauteuil, dans une salle obscure. “Je déteste prendre une raclée quoi que je fasse, mais là je joue contre tous ces foutus joueurs, et ils sont en train de me mettre la pâtée. Je ne supporte pas ça !” crache-t-il. Keirsey se trouve au siège d’Activision
Chaque jour, 1 500 anciens combattants américains de la Seconde Guerre mondiale disparaissent. Dans dix ans, il n’y aura plus personne pour raconter cette histoire. Mais il se peut qu’un arrière-petit-fils de soldat joue à ce jeu. Il décrochera ensuite son téléphone et appellera son arrière-grand-père pour qu’il lui raconte ce qu’il a fait, avant de s’en aller à jamais”, ajoute-t-il. Le père de Keirsey a fait la guerre dans l’armée de terre, ses oncles dans l’aviation et la marine. Ils lui ont insufflé le sens du devoir, ce sens du devoir qui, à partir du jeu et de son expérience dans le Golfe, le ramène dans le passé. Oui, j’aurais voulu la faire, cette guerre. Il faut bien que quelqu’un s’expose, et c’était un moment unique, une destinée, une chance de se trouver là, de se battre comme personne d’autre n’aurait pu le faire.”
the wall street journal
n'oublions pas ça :

D'après le rapport du Committee to Protect Journalists (CPJ), dont certaines données ont été reprises par The Wall Street Journal, près de 600 journalistes sont morts lors d'un conflit armé ou ont été victimes de meurtre dans le monde depuis quinze ans. L'Irak, l'Algérie et la Russie sont les pays les plus dangereux pour les professionnels de la presse.